Posted by: joseffritzl | May 29, 2008

La lettre de Lydia Gouardo à Elizabeth Fritzl

La lettre de Lydia Gouardo à Elizabeth Fritzl

Par La rédaction du Post , le 27/05/2008

Le Post s’est procuré la lettre que Lydia Gouardo vient d’écrire à Elizabeth Fritzl.

Lydia Gouardo

Lydia Gouardo
AFP/OLIVIER LABAN-MATTEI

 

Début mai, Lydia Gouardo, séquestrée et abusée par son père pendant près de 30 ans à Coulommes, en Seine-et-Marne, confiait au Post son envie de communiquer avec Elizabeth Fritzl, la jeune femme également abusée par son père pendant des années à Amstetten, en Autriche.

Elle vient de le faire. Et a communiqué sa lettre au Post:

“Bonjour Elizabeth, Je m’appelle Lydia.
Tu fais pas attention aux fautes, je n’ai pas été à l’école à cause de ma vie. J’ai subis la même chose que toi avec mon père. Il m’a tapé, brûlé, il a été toujours méchant et il m’a fait des cochonneries trois fois par jour. Il a commencé à partir de huit-ans et demi, jusqu’à trente huit ans. Je ne pouvais rien dire à cause que pour moi [ je pensais que] c’était [une situation] normale. Ma belle-mère n’a jamais rien dit et personne dans le village. Pour toi personne ne savait, mais on sait maintenant. Moi, personne de s’est [ préoccupé de moi] et ça c’est dur. C’est des lâches.

J’ai eu 6 enfants avec mon père. Toi, tu as pu élever un peu [les tiens], mais les miens c’est mon père et ma belle-mère qui les ont élevés. Pour moi quand il avait décidé de me faire des enfants, ça se passait dans le grenier [où il m'enfermait] quand je faisais des bêtises.

La vie a été méchante avec nous.

Au fait, je voulais te dire que j’ai six garçons. Si un jour on se voit, je te parlerai et je te ferais voir les photos de mes enfants. Maintenant, je veux te dire que c’a va être dur pour toi. Pour moi, c’a l’a été pendant presque six ans. Je buvais, j’ai fait des tentatives de suicide. J’avais promis à mon père que s’il mourrait, je le suivrais. Au cimetière, il avait pris [un caveau] de sept places, pour qu’on l’accompagne. Nous l’avons jamais fait, on n’avait pas surtout le courage.

Il est mort le 20 Novembre 1999.

Au début c’à été très dur, à cause que j’étais seule sans personne et toujours avec la Vieille (belle-mère). Mais un jour, ma copine en a eu assez de me voir déprimer, elle m’a sortie [dans une discothèque] le 9 Juin 2000 pour son anniversaire. Et là, j’ai vu tous ces gens qui dansaient, c’était beau et super. Beaucoup de joie. Et là, j’ai commencé à vivre.

C’est là aussi que j’ai connu Sylvain, il m’a donné son téléphone, il m’a sortie des griffes de ma belle-mère, il m’a emmenée [porter plainte] à la Justice. Il m’a aussi appris à vivre avec la vie. J’ai eu beaucoup de mal. Beaucoup de crises. J’étais très mal dans ma peau.

Prends la chance qu’on te donne maintenant que tu es libre. Va vivre ! Tu n’oublieras jamais, mais tu es là. Alors avance, c’est le conseil d’une amie, et ne regarde pas derrière toi.

J’espère te voir un jour et te montrer mes enfants, et que tes enfants deviennent leurs copains. Aujourd’hui, [certains de] mes enfants ont été à l’école, ont obtenus leurs CAP et ils travaillent. Les autres continuent à l’école.

Je vais te les présenter.

Raymond (8/12/82) ; Bruno (8/12/86) ; Rémi (23/4/88) ; Régis (19/8/89) ; Brice (4/4/91) ; Boris (30/1/93) ; Rudy (16/3/96).

Ensuite, avec mon Sylvain, j’ai eu Amandine (21/3/2002) et Maxence (20/11/2005).

Et ma vie s’est faite tout doucement, avec beaucoup d’amour.

Voilà, je vais t’aider.

Surtout ne regarde pas derrière toi. Ne baisse pas les bras. Tu as tes enfants qui ont besoin de toi et pense à tout ce que tu pourras [leurs] faire vivre.

Tu vas pouvoir aller chez le coiffeur, t’acheter des habits, manger ce que tu veux… et –qui sait- te trouver un ami. Il te fera vivre et rire et connaître la vie et avoir des choses à toi. J’espère avoir de tes nouvelles, et si tu as besoin de conseils, appelle moi au 06……… Avant de connaître Sylvain, j’étais Blanche neige et les sept nains. Maintenant, c’est ton tour ! Je te fais d’énormes baisers. Ma fille t’a fait un dessin. Tous mes enfants te font de gros bisous. Boris a mis un petit mot.

Lydia
Coucou, c’est moi, Régis, 19 ans.

Voilà, nous aussi on a subi çà, et c’est pas facile à vivre. Donc, je veux te dire bon courage et laisse le passé derrière toi. Il faut vivre, profiter et il y aura une belle vie ensuite.

Je vous souhaite bon courage et plein de bonheur pour vos enfants aussi.

Salut. Régis.

PS: Je t’ai mis la photo de mon père. Regarde comme ils se ressemblent.”


Responses

  1. courage parce que vous êtes courageuse et oubliez. Vivez pour vous, vos enfants et votre ami. Pascale

  2. Je suis le webmaster de http://www.joseffritzl.com. Je veux dire seulement que je comprend le français at je serais heureux de votres commentaires. Au revoir!


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